Des baleines à Tahiti


Par Pierre Follin

Maeva e manava

Bonjour et bienvenue à tous les visiteurs passionnés par la mer, les baleines, la photographie, et les îles de Polynésie.

Passionné par la photographie depuis des années, j'ai découvert le bonheur des rencontres avec les baleines lorsque l'une d'entre elles est, un jour, venue me voir alors que je nageais le long du récif de Punaauia. C'était comme une invitation à un fabuleux voyage qui, étapes aprés étapes, ne cesse de surprendre et d'enchanter.

Le site "Des baleines à Tahiti" présente, en dehors de tout caractère scientifique ou commercial, mes observations et mes photos de baleines. Des amis passionnés contribuent occasionnellement à l'enrichissement de ces observations personnelles.
Ce site se veut être en particulier le témoin de l'aventure des baleines à bosse (mégaptères) dans les eaux proches de Tahiti et Moorea.

Vous y trouverez aussi des renseignements plus scientifiques sur le mégaptère, des recommandations pour vos propres observations, des liens intéressants vers d'autres sites consacrés à ces animaux...

Les photos sont prises (depuis 2005) avec un reflex numérique Nikon D70S, installé dans un caisson Ikelite pour les images sous-marines. Sous l'eau, l'objectif utilisé est un zoom Nikkor 12-24mm, en surface, j'utilise un zoom Nikkor 18-200mm.

Je vous invite à partager quelques uns de ces moments inoubliables et fascinants passés auprés de "nos" baleines.

Puissent ces pages contribuer à sensibiliser chacun au respect et à la protection des baleines!

Pierre Follin
follinpr@mail.pf

Toutes les photos appartiennent
à Pierre FOLLIN et sont strictement protégées
par les droits d'auteur.

Merci de regarder,
mais de ne pas prendre...

Attention!!!

Bien que l'observation des baleines soit fascinante, il est néanmoins indispensable de respecter ces animaux et de rester trés prudent. Il n'est pas rare de voir, notamment durant les WE, des dizaines de bateaux suivre une baleine et des nageurs se jeter à l'eau sans délicatesse. Les baleines pourraient se sentir ménacées et avoir des comportements plus agressifs et dangereux. Cela s'est déjà vu!

Chaque année, les baleines semblent se familiariser davantage avec les bateaux et les nageurs, elles se laissent facilement approcher, ce qui pourrait laisser croire à une certaine "complicité amicale", notamment de la part du baleineau, souvent trés curieux et joueur. Méfiance, les baleines restent des animaux sauvages, certes pacifiques, mais aux comportements imprévisibles. Je vous invite à jeter un coup d'oeil sur la page "observer" pour vous initier à l'observation des baleines.





Bien souvent, lorsque l'on respecte les règles élémentaires d'approche, ce sont les animaux qui, par curiosité, s'approcheront de votre embarcation, comme ci dessous ce petit groupe d'orques rencontrés en mai 2008 au nord de Tahiti.

 

Rappel de la réglementation conformément aux dispositions de article A 121-38 :

· Route parallèle dans la même direction de déplacement des baleines ;
· 50 m pour les baleines et 100 m si baleineau présent ;
· vitesse d’approche inférieur ou égale à 3 nœuds dans un rayon de 300 m.



Année 2010

En direct avec les baleines

Depuis 2001, jours aprés jours, retrouvez les plus belles observations de baleines faites autour de Tahiti et Moorea dans la page:


Dernière mise à jour le:
24 octobre 2010


Nombre de visiteurs depuis le 22 octobre 2006
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D'autres photos sur la page "au jour le jour"

24 octobre: une bien belle sortie sur la côte sud de Moorea. Sur une mer calme, 2 baleines chahutent et se donnent en spectacle pendant près de 3 heures...

23 octobre, pas de mise à jour du site depuis le 9 septembre. ce n'est pourtant pas faute de voir des baleines lors de chacune de mes sorties, jusqu'à aujourd'hui. 2010 s'avère être une année "habituelle", avec son lot de baleineaux plus ou moins curieux et coquins, de juvéniles solitaires en quête de camarades, de mâles s'affrontant autour d'une femelle, de chanteurs... que malheuresement je n'ai pas pu enregistrer. Je mets à jour ces différentes observations sur la page "au jour le jour". La saison n'est pas terminée, les baleines ne semblent pas pressées de reprendre le chemin de l'Antarctique où, pourtant, elles ont de quoi se nourrir en abondance.

Jeudi 9 septembre: le baleineau vient à la rencontre des nageurs... et cherche le contact et les caresses, sur sa joue, sa pectorale, son ventre. Bien difficile de résister à la tentation. Mais la maman veille et éloigne son petit lorsqu'il devient trop amical.

Mercredi 8 septembre: encore une très belle observation d'une femelle et de son baleineau devant Sapinus à Punaauia. Le baleineau est même venu prendre une caresse sur sa joue et sur sa pectorale, mais la maman n'a pas admis le comportement bien trop amical de sa progéniture, et lui a interdit de trop s'approcher de nous. Pendant 3 heures, nous avons accompagné la petite famille dans son très lent déplacement, sans perturber sa tranquillité. Nous avons pu observer la têtée du baleineau qui se gave de lait maternel avant de remonter gueule ouverte vers la surface.

Lundi 6 septembre: Encore une belle matinée passée avec 3 baleines, deux adultes et un baleineau, devant la baie des pêcheurs, à Punaauia. D'autres baleines passent un peu plus au large.

Pas besoin d'aller bien loin pour faire de très belles observations. Depuis plusieurs jours, une femelle et son baleineau se laissent approcher sans crainte aucune par les nombreux nageurs intéressés par leur manège. Cela se passe sur la côte ouest de Tahiti, entre Punaauia et Paea. Le baleineau vient au contact des observateurs, il a même eu le culot de se poser de tout son poids sur moi alors que je photographiais sa mère.

En bref: Les baleines à bosse en Polynésie

Depuis quelques années, probablement et en partie grâce au moratoire sur l'interdiction de la chasse, les baleines à bosse semblent de plus en plus nombreuses à fréquenter les eaux polynésiennes. En 2007, la population baleinière était estimée entre 400 et 500 individus.

Elles arrivent de l'Antarctique vers la fin du mois de juin, début du mois de juillet, fuyant les rigueurs de l'hiver austral, après s'être gavé de krill et petits poissons durant tout l'été austral. En été, les baleines passent le plus clair de leur temps à manger! On ne sait pas trés bien ce qui déclenche ce mouvement migratoire ni ce qui guide les animaux vers nos îles. Plusieurs facteurs sont supposés intervenir, notamment la diminution des ressources alimentaires (moins d'ensoleillement), ou la fin imminente de la gestation et la nécessité biologique de faire naître dans des eaux plus accueillantes.

Car le cycle de vie des baleines à bosse obéit strictement au rythme annuel des saisons: accouplement en hiver dans les zones de reproduction (régions tropicales et sub-tropicales), loin des pôles, nourrissage en été (dans les eaux froides mais lumineuses de l'Antarctique), naissance 11 à 12 mois aprés l'accouplement, dans les zones de reproduction. Ce rythme, qui impose ces incroyables migrations, est vraisemblavlement guidé par un subtil calcul d'économie d'énergie! Nager ne demande pas beaucoup d'énergie, il est donc plus raisonnable d'aller passer l'hiver au chaud aprés avoir fait des stocks de graisse que d'affronter les grands froids, les tempêtes et les longues nuits en restant dans l'environnement pôlaire.

Il n'y a probablement que peu de baleines qui restent en Antarctique durant l'hiver, sans doute s'agit-il de femelles non matures.

Les baleines arrivent en Polynésie, seules ou en petits groupes, à partir de la fin du mois de juin aprés avoir parcouru, en ordre dispersé, plusieurs milliers de kilomètres (6000 à 6500 km). Ce déplacement dure sans doute entre 3 et 4 semaines. Il s'agit de l'une des migrations les plus importantes du règne animal. Pourtant, elle n'obéit à aucune des règles encadrant les autres grandes migrations, les animaux pouvant voyager seuls ou en petits groupes épars: on ne voit jamais de "troupeaux" de baleines!

Enfin dans les eaux tropicales, certains animaux vont "séjourner" un moment dans le même lieu, tandis que d'autres continuent à se déplacer, d'îles en îles, certains restant probablement plus loin des côtes. De toute évidence, les baleines apprécient les bordures récifales autour desquelles se feront toutes les observations passionnantes illustrant ce site.

L'hiver austral est la période durant laquelle va se dérouler tout le cycle de la reproduction, depuis l'accouplement jusqu'à la naissance: la Polynésie est une étape nécessaire, essentielle à la survie de l'espèce.

Bien que personne n'ait encore assisté à la naissance d'un baleineau, nous savons que les baleines mettent bas à proximité des îles, probablement aux abords des passes, dans des eaux peu profondes et abritées. Le velage est trés rapide, la femelle est vraisemblablement seule pour accomplir cette mission incroyable: faire naître sous l'eau un mammifère de prés de deux tonnes! Le baleineau ne pourrait pas survivre à la rigueur de l'hiver, les eaux tropicales sont plus favorables à sa naissance et à son développement. C'est probablement une des raisons de la migration.

La période de reproduction (l'hiver austral, lorsque les baleines habitent les eaux polynésiennes) est notamment marquée par le chant des mâles qui invitent les femelles à les rejoindre. Ces mélodies venues du fond des océans sont absolument extraordinaires. C'est la femelle qui choisit "son" mâle en fonction de critères encore mal connus. Le mâle accompagne ensuite la femelle féconde pendant plusieurs jours, jusqu'au moment opportun pour l'accouplement. Il lui faudra défendre sa place "d'escorte principale" vis à vis des autres mâles intéressés par la même femelle ("escortes secondaires"), ce qui peut donner lieu à de violents affrontements. Et il lui faudra aussi charmer sa compagne à travers d'audacieuses parades nuptiales.

A partir du mois de novembre, seules ou par petits groupes, les baleines s'en retournent vers le sud, leur lieu de nourrissage. En effet, il est admis que ces énormes bêtes ne se nourrissent pas (ou trés peu) durant leur séjour en Polynésie. Elles perdent plusieurs tonnes de leur poids, c'est d'autant plus cruel pour les jeunes mères qui doivent produire des centaines de litres de lait, sans manger, avant d'entreprendre le voyage du retour. Les baleines se retrouvent, chaque été, dans le même territoire de pêche pour se nourrir avant l'hiver suivant. Le baleineau sera rapidement sevré (au bout de 6 mois en général) durant cette période. Les baleines n'ont aucun effort à faire pour manger: aussi grosses soient-elles, elles se nourrissent de toutes petites bestioles (crevettes=krill) ou de petits poissons qui abondent: il leur suffit d'ouvrir la bouche! Le baleineau n'aura donc pas beaucoup de difficultés pour s'alimenter seul. Un fois sevré, il quitte, pour toujours, la protection de sa maman: les liens familiaux semblent inexistants.

La Polynésie, ses îles, ses récifs sont donc essentiels à la vie des baleines. Nous devons en être conscients, et considérer l'océan comme un immense parc naturel où les baleines accomplissent les choses les plus belles et les plus indispensables de la vie: la reproduction, la naissance. Apprécions à sa juste valeur la chance que nous avons de cotoyer ce fantastique univers! Et respectons cet environnement qui participe de manière intense à la vie de notre planète.

Vous en saurez plus en feuilletant les pages de ce site.