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Scientifiquement,
le terme "baleine" désigne l'ordre des
cétacés auquel appartiennent également
les dauphins.
La
baleine à bosse est un cétacé
classé dans le sous-ordre des Mysticètes ("cétacés
à fanons"). Elle fait partie de la famille des rorquals
(balaenoptéridés), son nom scientifique est "Mégaptera
novaeangliae". On l'appelle aussi "mégaptère",
"jubarte", ou "Humpback Whales" en anglais.
Elle doit son nom de mégaptère à ses immenses
nageoires pectorales très souples, et son nom de baleine
à bosse à sa façon de sonder en faisant le
"dos rond" bien visible en surface. (Voir
classification des cétacés)
Rappelons
que les cétacés sont des mammifères marins:
ils ont le sang chaud, ils respirent de l'air et allaitent leurs
petits. Ils sont divisés en deux sous-ordres: les Odontocètes
(cétacés à dents ---> 6 familles: physéteridés,
ziphiidés, monodontidés, platanistidés, delphinidés,
phocoenidés) qui comprennent plus de 65 espèces, et
les Mysticètes (cétacés à fanons
---> 3 familles: balaenidés, neobalaenidés, balaenoptéridés)
représentées par 11 espèces. Les Odontocètes,
parmi lesquels on trouve les dauphins, le cachalot, l'orque, possèdent
une seule ouverture de respiration, tandis que les Mysticètes
possèdent deux orifices de respiration (évents).
Le
MEGAPTERE
Le
mégaptère vit dans les océans et les mers du
monde entier. Taille: 12 à 14 m pour les mâles, 15
à 16 m pour les femelles. Poids: 29 à 35 tonnes. Le
nouveau-né mesure 4.5 m et pèse plus de 1 tonne. En
Polynésie, on le rencontre souvent par petits groupes de
2 ou 3 individus.
Le
mégaptère est le plus massif des rorquals. Il est
facilement reconnaissable à son dos noir surmonté
d'une petite nageoire dorsale basse et tronquée, à
ses longues nageoires pectorales qui représentent
le tiers de la longueur totale du corps (c'est beaucoup plus que
chez n'importe quel autre cétacé), et à sa
tête recouverte de nombreuses protubérances
situées en avant des évents: il s'agit de follicules
pileux (caractéristiques de l'espèce) comprenant un
unique poil de 1 à 3 cm, situé en son centre, ayant
peut-être une fonction sensorielle. La grande nageoire
caudale sort complètement de l'eau lorsque l'animal sonde.Son
bord de fuite est crénelé, le dessous est blanc couvert
de tâches noires grâce auxquelles chaque individu peut
être identifié. Il n'y a pas deux queues de mégaptère
présentant des faces ventrales identiques. Les nageoires
pectorales du mégaptère de l'Atlantique sont entièrement
blanches, celles du mégaptère du Pacifique sont noires
sur le dessus et blanches sur le dessous. Mais là aussi,
il existe des exceptions parfaitement documentées. Ces immenses
nageoires pourraient permettre une meilleure manoeuvrabilité
ou, en raison d'une plus grande surface de contact, une meilleure
régulation de la température interne chez ces animaux
habitués aux grandes migrations.
Lorqu'il
fait surface et qu'il respire, le mégaptère produit,
par ses évents, un souffle bruyant et puissant, généralement
bien visible, qui s'élève haut au dessus de l'océan
(1,5 à 3 mètres). Il respire toutes les 10 à
20 minutes, mais lorsqu'il est immobile, endormi, l'apnée
peut dépasser 40 minutes sans difficulté. Le baleineau
respire plus fréquemment, toutes les 5 minutes environ. Il
remonte souvent seul vers la surface, respire une dizaine de fois,
avant de sonder pour retrouver sa mère. Le souffle est composé
essentiellement d'air, mélangé avec un peu d'eau ou
de vapeur d'eau et de mucus provenant des poumons de l'animal.
Le
mégaptère dort. En Polynésie, il n'est
pas rare d'observer les animaux immobiles à une vingtaine
de mètres de profondeur, les yeux fermés. Parfois,
les baleines remontent vers la surface, sans mouvement, et restent
endormies la tête hors de l'eau, le corps à peine immergé,
immobile.
Le
mégaptère ne se nourrit que de krill
et de petits poissons qui abondent dans les eaux froides des
pôles et qu'il engouffre en grandes quantités. Il utilise
parfois une technique de pêche dite du "filet de bulles":
plusieurs animaux nagent sous un banc de krill ou de poissons en
soufflant de l'air par les évents pour former un mur de bulles
atteignant 45 m de diamètre qui encercle les proies. Les
animaux (parfois une douzaine!) remontent ensuite vers la surface,
la gueule grande ouverte, pleine d'eau et de nourriture: L'eau est
évacuée à travers les fanons (270 à
400 fanons) qui piègent les proies. Cette coopération
est spectaculaire et témoigne d'une organisation sociale
développée. On pense qu'une baleine à bosse
ingurgite quotidiennement 3 à 4% de son poids. Les sillons
qui s'étirent de la machoire inférieure jusqu'au nombril
(16 à 20 sillons) permettent à la gueule de se dilater
considérablement pour ingurgiter de grands volumes de nourriture.
Un
grand migrateur! En hiver, le mégaptère parcourt
des milliers de kilomètres (25 000 km par an?) et migre vers
des eaux plus tempérées pour mettre bas et se reproduire.
Pendant cette période qui dure environ 4 mois, il ne se nourrit
pas. En Polynésie, les premières baleines à
bosse, venues des régions antarctiques, sont aperçues
fin juin, et les dernières (les mères avec les plus
jeunes baleineaux) fin novembre, parfois décembre. Il est
probable que les différents groupes de baleines suivent des
voies de migration qui leur sont propres, et que toutes les baleines
d'un groupe ne migrent pas chaque année. D'une manière
générale, les mégaptères de l'hémisphère
nord restent au nord, ceux du sud au sud, le franchissement de l'équateur
restant toutefois possible mais, semble t'il, assez rare.
Une
femelle donne naissance à un baleineau unique tous les
2 ou 3 ans après une gestation de 12 mois environ. Exclusivement
nourri au lait de sa mère pendant 5 à 6 mois, il atteint
sa maturité sexuelle en 3 à 5 ans (15 mois d'après
certaines sources). Gavé de lait très riche, le baleineau
grossit de plus de 60 kg par jour. Les liens affectifs entre le
baleineau et sa mère sont trés forts: ils peuvent
se prolonger jusqu'à la naissance suivante.
Le
mégaptère se donne volontiers en spectacle, il manifeste
joyeusement sa présence par une succession d'acrobaties et
se laisse facilement observer. Il peut sauter, frapper la surface
de l'eau de ses nageoires caudale ou pectorales, se laisser flotter
sur le dos en exposant son ventre blanc, s'approcher des nageurs...
Toutes ces manifestations ont probablement des significations sociales,
mais les explications données par les uns et les autres sont
toutes aussi diverses et variées: parades nuptiales? Moyen
de communication? Technique pour déloger les parasites? Démonstration
de force ou de défi? Jeux? Tout ça à la fois???.
C'est
aussi un grand chanteur: il peut émettre, pendant
des heures, de véritables et émouvantes mélodies.
Le chant de la baleine à bosse est un des plus complexes
du règne animal. Il semble que chaque population de baleines
ait un répertoire spécifique qui évolue d'années
en années. Certains chercheurs étudient les caractéristiques
de ces mélodies, mais personne ne sait ce qu'elles signifient
exactement. Seul le mâle chante, et, lorsqu'il le fait,
il est toujours seul, immergé entre 10 et 20 mètres
de profondeur, immobile, incliné, la tête vers le bas.
Cette position est constante. Le chant est provoqué par la
vibration d'un organe, vibration qui est parfaitement entendue et
ressentie par les nageurs, et parfois par les marins à travers
la coque de leur bateau: sans doute s'agit'il du "chant
des sirènes"!
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La
baleine à bosse nage à une vitesse qui ne dépasse
pas les 15 km/h. Elle sonde de 3 à 9 minutes (parfois jusqu'à
45 minutes), puis souffle 4 à 8 fois. Elle peut parfois rester
longtemps en surface ou à très faible profondeur.
Pour sonder, la baleine arque fortement son dos, dessinant une "bosse"
(d'où son nom) et lève sa nageoire caudale hors de
l'eau.
Les
effectifs de baleines à bosse semblent se reconstituer
plus facilement que ceux des autres grandes baleines. On estime
le nombre de mégaptères à environ 35 000
individus, répartie en 4 populations distinctes dans
l'hémisphère nord (11 600 dans l'Atlantique nord,
7 000 dans le Pacifique nord) et 7 dans l'hémisphère
sud (au moins 17 000 dans le Pacifique sud).
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